Le 3 septembre, le ministère de l’Économie a publié le bilan d’un an du plan Osez l’IA.
Plus de 35 000 entreprises ont été sensibilisées. Le réseau compte 615 Ambassadeurs IA répartis dans 20 régions et collectivités et couvre 13 secteurs d’activité.
Ça veut dire quelque chose de simple : il devient de plus en plus facile de trouver quelqu’un pour parler d’IA avec une entreprise.
Très bien.
Maintenant, il faut éviter de gâcher le rendez-vous avec la mauvaise question.
« Quel outil me conseillez-vous ? » arrive beaucoup trop tôt
Je comprends la question.
On entend parler de ChatGPT, Gemini, Claude, Copilot, Notion, Make et cinquante autres outils.
On veut juste savoir lequel prendre.
Mais sans connaître le travail derrière, la réponse vaut assez peu.
Pour une entreprise de La Flèche, je préférerais arriver à un premier rendez-vous avec trois choses qui énervent vraiment quelqu’un.
« Tous les lundis, je refais ce tableau. » « Pour répondre à un client, je dois chercher dans quatre dossiers. » « On ressaisit la même information dans deux logiciels. »
Là, on peut travailler.
Une bonne tâche se décrit très simplement
Pour chaque irritant, note cinq éléments.
À quelle fréquence ça arrive ?
Combien de temps ça prend à peu près ?
Quelles informations sont nécessaires ?
À quoi ressemble un résultat correct ?
Qu’est-ce qui peut mal se passer ?
Ça suffit déjà à distinguer plusieurs situations.
Une tâche peut être automatisée. Une autre mérite simplement un meilleur modèle de document. Une troisième peut être aidée par l’IA mais garder une validation humaine. Et parfois, le meilleur conseil sera de ne rien automatiser du tout.
C’est beaucoup plus utile qu’une démonstration de vingt fonctionnalités.
Le rendez-vous devient alors un diagnostic, pas un spectacle
L’IA se vend très bien en démonstration.
Tu donnes un document. Elle le résume. Tout le monde fait « ah oui quand même ».
Le problème, c’est qu’une démo prouve surtout que l’outil sait faire la démo.
Elle ne dit pas encore si le gain vaut quelque chose dans ton entreprise.
Avec une tâche réelle, on peut poser des questions plus intéressantes.
Où sont les données ? Qui vérifie ? Qui utilise le résultat ? Quelles exceptions existent ? Est-ce que la tâche mérite encore d’exister telle quelle ?
C’est à ce moment que l’accompagnement devient utile.
Signale les sujets sensibles tout de suite
Il y a aussi une information à donner dès le départ si elle existe.
La tâche touche-t-elle à des données personnelles, des données de santé, des salariés, des candidatures, des informations confidentielles ou une décision importante sur quelqu’un ?
Si oui, il faut le dire avant de choisir l’outil.
Pas après le prototype.
Les données de santé, par exemple, font partie des catégories de données particulièrement protégées par le RGPD. La CNIL rappelle que leur traitement, comme celui d’autres données sensibles, demande des conditions et précautions supplémentaires.
Le sujet peut rester parfaitement faisable, mais le cadre change.
Le réseau grandit, autant arriver préparé
Le plan Osez l’IA montre que l’offre d’accompagnement se structure.
C’est une bonne chose.
Mais la qualité du rendez-vous dépend aussi de ce que l’entreprise apporte avec elle.
Trois tâches pénibles. Quelques exemples réels. Une idée du temps perdu. Les contraintes importantes.
Avec ça, tu peux déjà faire beaucoup.
Et si quelqu’un commence par te vendre quinze outils avant même de te demander comment tu travailles, tu as aussi appris quelque chose sur le rendez-vous.
Sources
- Ministère de l’Économie, 3 septembre 2026.
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